- Numéro 01 - Février 2007
DROIT NATUREL ET MODERNITE : Doudou Dieng, Doctorant en Philosophie, Université de Rouen/CERCLA
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La science juridique autonome de l’École du droit naturel pose les principes du droit international public depuis le XVIIe et le XVIIIe siècle. Elle règle également dans ses principes le grand dessein d’un droit international public. Les hommes ont besoin de confort et de sécurité minimum dans leur existence quotidienne ; c’est pourquoi les grands ensembles sociaux de même que les organisations internationales ne peuvent trouver leur effectivité que quand la nature de chaque citoyen est prise en compte. Si on dit aujourd’hui que le droit des gens dit droit de nature renaît de ses cendres, c’est que l’homme se trouve devant les menaces d’une nouvelle pression planétaire à travers la globalisation et le concept de libéralisme qu’il véhicule.
En Afrique, la faillite de l’État postcolonial constitue l’épicentre de sa marginalisation et la cause de la recrudescence de la violence qui plonge des pans entiers du continent dans le chaos. Cette faillite de l’État postcolonial traduit une mise en cause du « vouloir vivre ensemble » (Mwayila Tshyyembe, L’Afrique face au défit de l’Etat multinational, Monde diplomatique, Sept.2000) parce qu’il existe un désaccord abyssal entre les nations ou ethnies et les citoyens sur les valeurs fondamentales de la collectivité : définition d’une société de liberté, d’un pouvoir réellement partagé et consenti, d’un droit perçu comme naturel. Alors que la renaissance de l’ « État » au véritable sens du terme peut s’ancrer dans l’africanité qui sortira le droit africain de l’espace de non droit dit de la « coutume », où il a été réglé par le mimétisme hérité de la colonisation, en restaurant le pluralisme juridique qui va de paire avec la plurinationalité des sociétés africaines.
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